Crédit immobilier : les taux chutent à un nouveau plus bas historique

En juin, le taux des crédits immobiliers était de 1,25 % en moyenne, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. C'est encore moins qu'en mai, où il était ressorti à 1,29 %. Les ménages bénéficient de conditions extrêmement favorables pour acheter leur logement sachant que les banques acceptent aussi de prêter à plus long terme et exigent moins d'apport personnel.

Les taux des crédits immobiliers volent de record en record. En juin, les taux des crédits immobiliers sont ressortis à 1,25 % (hors assurance), selon les données publiées mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui fait référence sur le marché.

C'est encore moins qu'en mai, où les taux étaient tombés à un plus bas , à 1,29 % et plus de quatre fois moins qu'au début des années 2000. « De mémoire de statistiques concernant les crédits immobiliers aux particuliers, c'est le taux plus bas qu'on ait connu depuis la fin des années 1940 », a souligné mardi l'économiste Michel Mouillart, responsable de l'Observatoire.

Un « monde nouveau »

Sur un an, la baisse du coût du crédit est notable quel que soit le type de bien financé - un logement ancien ou neuf - et pour toutes les maturités de crédit. Concrètement, en juin, pas moins de la moitié des prêts octroyés à 15 ans, étaient assortis d'un taux de moins de 1 %. « Tous les repères que les uns et les autres pouvaient avoir depuis un certain temps se sont aujourd'hui évaporés », insiste Michel Mouillart. « C'est bien un monde nouveau qui est en train de se dessiner depuis des mois ».

Encouragée par la guerre que se mènent les banques pour capter les clients, grâce au crédit immobilier, cette baisse de taux s'explique avant tout par la politique de la Banque centrale européenne (BCE). Pour soutenir l'économie de la zone euro, l'institution maintient les taux d'intérêt au plancher et encourage les banques à prêter.

Une nouvelle baisse constatée en juillet

Le compte-rendu de la dernière réunion des banquiers centraux européens publié ce mois-ci laisse même attendre un nouvel assouplissement de la politique monétaire si les nuages venaient à s'accumuler au-dessus de la zone euro. « On ne peut même pas exclure une nouvelle baisse des taux pendant les mois d'été », avance Michel Mouillart. D'ailleurs, à la mi-juillet, les taux des crédits étaient en moyenne à 1,21 %, selon l'Observatoire.

La baisse du coût du crédit n'est toutefois n'est pas la seule transformation spectaculaire à l'oeuvre sur le marché des prêts immobiliers. Les banques ont tendance à octroyer des prêts à toujours plus long terme pour permettre aux ménages d'acquérir leur logement malgré la persistance de prix élevés sur le marché de l'immobilier.

Des crédits à près de 20 ans en moyenne

En juin, les prêts immobiliers étaient ainsi accordés à 231 mois en moyenne (un peu moins de 20 ans) contre 228 mois, le mois précédent. « On n'a jamais connu des durées aussi longues sur des prêts bancaires », insiste Michel Mouillart. « On n'a jamais connu un paysage aussi favorable à la réalisation des projets immobiliers des ménages »,complète-t-il.

Car, face à la hausse des prix de l'immobilier, les ménages sont souvent obligés d'emprunter beaucoup d'argent pour acquérir leur logement et les banques se montrent plus que jamais prêtes à faire aussi des concessions sur le montant d'apport personnel exigé. Une bonne nouvelle pour les ménages les plus jeunes et les plus modestes. « S'il n'y avait pas eu un mouvement de baisse des taux d'apports personnel, il ne se serait pas passé grand-chose [sur le marché] », souligne Michel Mouillart.

L'assouplissement des conditions d'octroi des banques est à double tranchant pour les ménages. Le taux d'effort - c'est-à-dire le rapport entre les charges récurrentes des ménages et leurs revenus - a tendance à augmenter avec la hausse du montant de prêts. Le phénomène n'a pas échappé à la Banque de France, qui suit attentivement les évolutions du marché. L'institution a cependant estimé dans une note récente que ce taux d'effort restait « contenu » (à un peu plus de 30 % en 2018).

Quoi qu'il en soit, ces conditions exceptionnelles devraient encourager la demande et la production de crédit. De quoi laisser penser que 2019 sera encore un grand millésime pour les banques en matière de crédits immobiliers alors que l'encours total des prêts à l'habitat a passé le cap symbolique de 1.000 milliards d'euros en fin d'année dernière, selon la Banque de France.

Source: Les Echos Solenn Poullennec

17.07.2019
credit

Auteur: La Financière

Retrouvez-nous sur: