Coronavirus : les Bourses européennes au bord du krach

Dans le sillage de l'effondrement du pétrole, dû à la guerre des prix lancée par Ryad à la suite de l'échec des discussions entre l'OPEP et la Russie, les places financières mondiales sont aux abois. Le CAC 40 a ouvert en chute de 6,25 %. Le taux à dix ans américain est tombé sous 0,5 %.

Les nouvelles autour du coronavirusont eu le temps de s'accumuler durant le week-end. Résultat, lundi, la panique a gagné les marchés et les Bourses européennes se sont réveillées sous le choc.

Dans le sillage de l'effondrement du pétrole - qui a perdu 25 % -, les Bourses européennes s'enfoncent : le DAX, à Francfort, plonge de 7,4 % dans les premiers échanges. Tandis que le FTSE, à Londres, chute de 8 % Vendredi, ils avaient déjà respectivement perdu 3,26 % et 3,62 %. Madrid lâche 7 % et la Bourse d'Oslo dévisse de 12 %. ​Après près d'une heure de retard, la Bourse italienne, qui a perdu 17 % depuis le début de la crise sanitaire, a fini par ouvrir, en chute libre : le FTSE MIB perd 8 %.

A Paris, qui a ouvert avec quelques minutes de retard, le CAC 40 s'effondre de 6,25 % à 4.817 points, alors que le bilan du virus a atteint ce week-end les 1.126 cas et les 19 décès. La Bourse de Paris est à son plus bas depuis le 17 janvier 2019 et a pratiquement effacé la totalité des gains de l'année dernière. Ce plancher sera atteint lorsque le CAC 40 tombera sous les 4.600 points.

« Bear Market »

Cette nouvelle chute propulse directement l'indice parisien dans le territoire du « bear market » depuis ces derniers plus hauts. Autrement dit, depuis le 21 février dernier, le CAC 40 a perdu plus de 20 % (21 % exactement). La Banque de France a annoncé qu'elle ne tablait plus que sur une progression du PIB de 0,1 % au premier trimestre.

Pour retrouver la dernière fois que le CAC 40 a clôturé dans ces eaux-là, il faut remonter au coeur de la crise financière de 2008 : le 10 octobre, la Bourse de Paris avait perdu 7,73 %, tandis que quatre jours plus tôt, elle avait lâché 9,04 % en une seule séance.

L'indice européen STOXX 600 plonge de plus de 7 % et s'enfonce dans le « bear market ». Autrement dit, depuis ses derniers plus hauts, l'indice a perdu plus de 20 %. Dans la foulée de la chute brutale du prix du pétrole, l'indice de l'énergie du STOXX 600 perd également 6,52 % tandis que celui des ressources de base perd près de 10 %. L'indice analysant le secteur des transports et des loisirs recule de 6,83 %.

« Mouvement monstrueux »

Un peu plus tôt, tous les marchés de la région Asie-Pacifique ont clôturé en chute libre. Tokyo a terminé sur une chute de 5,07 %, Sydney, de 7,33 % tandis que les Bourses chinoises ont perdu jusqu'à 3,79 %.

L'effondrement boursier est alimenté par la guerre des prix lancée par Ryad ce week-end, à la suite de l'échec des discussions entre l'OPEP et la Russie. L'Arabie Saoudite a en effet annoncé sa volonté de réduire les prix de vente officiels pour le mois d'avril de toutes ses qualités de brut. En conséquence, les prix du pétrole se sont immédiatement effondrés entraînant avec eux l'action du géant pétrolier saoudien, Saudi Aramco (-10 %, sous le cours d'introduction), ainsi que la Bourse d'Arabie Saoudite (-9,2 % à l'ouverture), la plus importante de la région.

En outre, les taux à 10 ans américains sont passés cette nuit sous les 0,5 %, alors qu'ils avaient déjà traversé le plancher des 0,9 % en fin de semaine dernière. « Le mouvement en quelques jours est simplement monstrueux, s'alarme Stéphane Déo, analyste chez La Banque Postale Asset Management. Ces mouvements de marché extrêmes peuvent conduire à une crise économique grave ».

Les Echos Gabriel Nedelec

09.03.2020
bourse

Auteur: La Financière

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