Coronavirus : le PIB s’effondre de 6 %, la France est entrée en récession

Selon la Banque de France, l’activité économique globale a chuté de 32 % pendant la quinzaine de confinement de mars.

La Banque de France a publié, mercredi 8 avril, sa première enquête de conjoncture prenant en compte les effets des mesures de confinement entrées en vigueur le 17 mars à 12 heures, avec l’objectif premier de fournir « une photographie la plus détaillée possible » du niveau d’activité par secteur au cours du confinement de la deuxième quinzaine de mars. Compte tenu de la forte baisse de l’activité, elle estime que le PIB s’est contracté au premier trimestre de 6 % environ.

« Chaque quinzaine de confinement nous coûte à peu près 1,5 % de niveau de PIB annuel et 1 % de déficit public supplémentaire », a souligné le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a l’antenne de RTL. Compte tenu du recul de 0,1 % du PIB au quatrième trimestre 2019, la France est donc entrée en récession – celle-ci se caractérisant par deux trimestres consécutifs de recul de la production intérieure brute.

L’enquête réalisée entre le 27 mars et le 3 avril auprès de 8 500 entreprises indique que l’activité économique globale a chuté de 32 % pendant la quinzaine de confinement de mars, un chiffre comparable à celui qu’avait publié l’Insee, qui était de – 35 %. Les secteurs les plus touchés sont la construction, qui a perdu environ les trois quarts de son activité normale, et ceux du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration, pour lesquels l’activité a reculé des deux tiers environ.

L’industrie manufacturière est aussi substantiellement affectée, avec une perte d’activité de près de moitié, de même que les autres services marchands, avec une baisse d’environ un tiers. Agrégés, ces secteurs qui représentent ensemble 55 % du PIB, ont perdu la moitié de l’activité normale. Les autres, moins sévèrement touchés, qui représentent un peu moins de la moitié du PIB, sont l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, la cokéfaction, le raffinage et la production d’énergie, les services non marchands ou les services financiers et immobiliers.

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Le parallèle avec 1968

Par rapport à la crise financière de 2008, la baisse de l’activité induite par le confinement est bien plus forte. Dans l’industrie, les soldes de l’enquête de conjoncture relatifs à l’activité baissent environ 1,5 fois plus au premier trimestre 2020 qu’au quatrième trimestre 2008. Dans les services marchands, la baisse est quatre fois plus importante.

Début mars, avant le déclenchement des mesures de confinement, la Banque de France avait émis une hypothèse de croissance pour ce premier trimestre 2020 de 0,1 %. « Il faut remonter au deuxième trimestre 1968, marqué par les événements du mois de mai, pour retrouver une baisse trimestrielle de l’activité du même ordre de grandeur », indique sa note. Le PIB avait alors chuté de 5,3 %, avant de rebondir de 8,0 % au troisième trimestre 1968.

Conséquence directe, les entreprises, et particulièrement les PME, jugent que leur situation de trésorerie s’est nettement détériorée en mars. A l’issue de l’enquête, 17 % des PME et 22 % des ETI ont fait une demande pour augmenter leurs crédits de trésorerie auprès de leurs banques. De plus 130 000 entreprises ont déposé une demande de prêts garantis par l’Etat dans le cadre des mesures prises pour leur procurer « un bouclier de trésorerie », a également précisé le gouverneur de la Banque de France.

Béatrice Madeline Le Monde

09.04.2020
économie

Auteur: La Financière

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